Chronique 34 (18-4-04)


Le printemps enfin de retour Mélusine avait réussi à me sortir du laboratoire pour faire quelques pas dans la campagne. Bras dessus bras dessous, parmi les frêles roucoulis des oiseaux, les senteurs acidulées des premières verdures, les frissons des courants d'air fripons, nous devisions tranquillement.
Elle me racontait les nouveautés apparues au Salon des Fées, et moi les informations échangées aux Rencontres de Pierre-Debout. Banalités et petits cancans.

La rencontre fut soudaine, brusque et inattendue. Il nous attendait visiblement à l'abri d'un bosquet et nous fûmes immédiatement terrassés et mis à terre.
Comment résister à la vue d'un si beau, si parfait, si attirant carré d'herbe douce, épaisse et fraîche ?!

Allongés côte à côte, au soleil, nous respirions avec intensité, avec gourmandise, les effluves parvenant à nos narines.
" Sens-tu ce piquant frais, un peu acide ? Citron ? Gingembre ? "
" Et cette touche chaude, associée à la cannelle ? "

Quelques chuchotis me sortirent doucement du sommeil. Non pas des paroles, mais plutôt des signaux sonores échangés, comme des conversations de bruits incompréhensibles.
Ayant refermé les yeux, soudainement ces conversations me devinrent compréhensibles. Malgré leur grand nombre. Les fleurs, les herbes, les buissons, même les animaux, échangeaient avis et opinions. Parmi ce brouhaha, je percevais quelques récriminations de fleurs au sujet des abeilles se conduisant brutalement, de jeunes herbes en colère envers un arbre leur faisant de l'ombre, quelques mouches véhémentes pour un manque de considération des vaches.
Et puis un lapin prit la parole et s'adressa à toute cette jeunesse rebelle.
Il parla rapidement, mais très bien, de l'univers et de l'utilité de tous ses minuscules boulons, de l'unité du monde et de l'unicité de ses composants, de la contingence et des circonstances.
Un vieux chêne approuva, et fit un rapprochement avec la merveilleuse magie de la fabrication du miel.

" Oh oui ! Du miel avec les épices, pour le lapin. Mais pour le moelleux ? "
Je me retrouvais debout, comme secoué par un éclair, et c'est pourquoi je ne compris pas vraiment d'où vint la voix qui me répondit.
" Coco !.. Coco !.. Pense au lait de Coco !!! "

Aidant doucement Mélusine à se relever et à quitter notre pré douillet, je lui murmurais :
" Pour le lapin de ce soir, je crois bien que j'ai une idée… "

Lapin mariné aux épices
Guide cuisine octobre 2003 n°148

Préparation :10 min
Marinade: 2 h
Cuisson: 40 min

1,2 kg de lapin (cuisses), 1 citron, 2 gousses d'ail, 4 petits oignons blancs, 3 brins de coriandre ou de cerfeuil, 30 g de beurre, 1 c. à soupe d'huile d'olive, 3 c. à soupe de lait de coco (non sucré), 4 c. à soupe de miel liquide, 1/2 c. à café de gingembre en poudre, 1/2 c. à café de cannelle, 1/2 c. à café de muscade râpée, 1/2 c. à café de piment doux, sel, poivre.

Mettez le lapin dans un grand plat creux. Assaisonnez de sel, poivre, gingembre, cannelle, muscade, ail haché et piment.
Ajoutez le jus du citron, le lait de coco et l'huile.
Mélangez, couvrez d'un film puis laissez mariner 2 h au frais.
Préchauffez le four th.7 (210°C). Otez le lapin de la marinade Faites fondre le beurre dans une casserole, incorporez miel et marinade. Remuez à feu doux 5 min.
Placez le lapin dans un plat à four. Badigeonnez-le de préparation au miel. Cuisez 20 min au four en tournant une ou deux fois et en arrosant souvent de jus.
Baissez le thermostat à 6 (180 °C).
Laissez rôtir 15 min afin qu'il se forme une fine croûte caramélisée.
Pour servir, parsemez de pluches de coriandre, d'oignons émincés et accompagnez de tagliatelles.

Note du 18/4/2004
Accompagné de simple purée de pdt ..mmmhh..
Et sans oignons émincés