Chronique 16 (09-12-2001)


" Et bien Merlin ? Où es-tu ? Nous n'avons plus l'âge de jouer à cache-cache ! Si tu continues, je rentre seule ! "
" Mélusine chérie, je ne suis pas caché ! Je suis tombé à l'intérieur de ce rocher magique, à côté de toi ! Visiblement un maléfice oublié par la fée Morgane."

Profitant du beau temps et de quelques moments de répits, nous avions cru judicieux de faire une escapade et de déambuler au long d'une plage déserte, belle et sauvage, respirer l'air frais iodé, admirer les assauts interminables des vagues ourlées d'écumes sur les rocs placidement vaillants.
Ce fut sans compter sur les maléfices oubliés.

" Mélusine ! Nos pouvoirs sont ici sans efficacité. " lui expliquai-je d'une voix rocailleuse.
" Essaie de trouver mon vieux copain, le druide Divereck. Il devrait pouvoir nous aider. "
" Mais comment le trouver ? "
" Ecoute bien, la réponse est dans le vent…….. "

La communication fut alors interrompue, et Mélusine dût alors se débrouiller en se fiant à son intuition.

A son premier appel lancé, alors qu'elle marchait encore sur la plage, une voix lui répondit. C'était un papillon rouge et jaune qui vint se poser sur son épaule.
" Bonjour, Mélusine. Je te vois en difficulté, alors suis-moi. Je ne pourrai te mener là où tu le veux, mais je vais te mettre sur la bonne direction. "

Lorsqu'elle parvint aux abords d'une forêt touffue, le papillon la quitta et elle se frayait un chemin lorsqu'elle tomba face à un lion. Cherchant à fuir, elle chuta et perdit connaissance.
Reprenant ses esprits, elle aperçut la tête du lion qui, après l'avoir aspergée d'un peu d'eau, lui léchait les poignets pour la ranimer.
" Ton attitude aurait pu être un peu vexante, Mélusine. Pourquoi avoir peur de moi ? Je suis là pour t'aider. Monte sur mon dos, je vais te conduire vers Divereck. "

Après quelques moments de course à travers la forêt, ses arbres et lianes entre-mêlés, ils parvinrent au pied d'un immense escalier.
" Au sommet des 10 000 marches, tu trouveras ton chemin. "

Parvenue au sommet, Mélusine découvrit une immense pelouse verdoyante qu'elle traversa en direction d'un alignement de rochers dressés. En suivant celui-ci, elle rencontra enfin un vieil homme bourru au regard de ciel marin, finissant de dresser un nouveau rocher.

" Et bien Mélusine, je vois que tu es parvenue jusqu'à moi. Et tu as pris ton temps, même. Je vais t'expliquer comment délivrer Merlin du maléfice de cette négligente Morgane.
Mais d'abord aide-moi à dresser ce fichu caillou."

Lorsque Mélusine finit par revenir sur la plage, je m'étais endormi dans mon rocher. Que faire d'autre en attendant ? Après avoir réussi à me réveiller, elle m'expliqua que notre solution résidait dans la gourmandise de Morgane. Pour l'attirer, rien ne valait un succulent plat de coquilles Saint-Jacques, préparées à la manière Divereck. Et je devrais pouvoir trouver tous les ingrédients dans la petite cuisine du rocher.
Ce que je fis, après en avoir finalement découvert l'entrée cachée en appuyant par hasard sur un bas-relief de poisson, à la tête du lit.

Attirée par les bonnes odeurs, Morgane s'empressa de venir et avec milles excuses me délivra du maléfice abandonné sur la plage.
Et ce fut dans la bonne humeur que nous nous régalâmes, tous les trois, de ces succulentes Coquilles Saint-Jacques.

Ouvrir le coquilles au couteau.
Couper la boule noire.
Détacher, la noix, le corail (s'il y en a), les barbes.
Passer le tout sous un filet d'eau. sécher dans un essuie tout.
A l'aide d'un mini mixer broyer menu les barbes ainsi qu'une ou deux échalotes grises, ou un oignon doux,
un bouquet de persil frisé.
Dans une sauteuse mettre un bout de beurre baratté salé (la valeur de deux noix), laisser frémir et cuire le mélange du persil, de l'échalote, et de barbes. 7 minutes.
Réserver le tout dans un ramequin.

Escaloper en deux les noix de st jacques, piquer avec une épingles les foies. (un tour de moulin à poivre gris. (pas de sel).
Porter un peu de beurre baratté salé sur feu vif, mettre les noix et les dorer une minute de chaque côté, puis les foie, 30 secondes.....ils virent du rouge orangé à l'orange, il sont cuits, baisser le feu sur minimum.
Ajouter le mélange précédent.
Remuer une minute et napper de crème fraîche épaisse. Mélanger doucement.
Servir sur assiettes chaudes, avec des pommes de terre bintje à l'eau.