Chronique 3 (15-9-2002)


Visiblement, la maison, blottie au bord de la forêt, face aux montagnes lointaines, était déserte.
Après avoir toqué à la porte, j'avais fini par tirer la chevillette et m'étais dirigé droit vers la cuisine. Aucune réponse à mes appels. Sur la toile cirée aux couleurs jaunies, un petit pot de beurre et une galette, comme abandonnés. Le four était en marche, tout doucement, et l'on apercevait une cocotte en fonte rouge fermée et luttée. De très légers parfums de cuisson flottaient dans la pièce.
Dans la salle à manger attenante, la table de bois aux pieds ouvragés attendait 3 convives, avec ses verres en cristal épais, ses couverts de vieil argent, ses assiettes de porcelaine fleuries et ses serviettes de coton brodé.
Ouvrant la fenêtre aux rideaux à carreaux rouges et blancs, j'examinais la terrasse et n'y vis que des verres propres et des biscuits salés attendant l'heure de l'apéritif.
Les marches de bois grincèrent lorsque je montai vers les chambres de l'étage. Parmi l'odeur de cire et d'encaustique, je n'y vis que des lits recouverts de leurs guirlandes de vieilles roses, vieux motifs et couleurs surannées. Un placard ouvert laissait entrevoir des piles de linge rangées au cordeau. Evanescent, un léger parfum de naphtaline.

Une descente à la cave ne m'apporta rien de plus qu'une image tranquille de bocaux et pots de confitures bien alignés sur leurs étagères.

Où avaient-elles pu passer ? Je n'avais pourtant qu'un quart d'heure d'avance.
Afin de patienter jusqu'au retour de Mélusine et de sa grand-mère, je m'installais sur la terrasse, en compagnie d'une bouteille de vin blanc bien fraîche, face au superbe paysage montagneux

" Oh Merlin ! Tu es déjà là ? Tu as bien fait de t'installer. "
Parties ramasser quelques fleurs, elles avaient rencontré le loup sur leur chemin.
Et la discussion s'était éternisée.
" D'ailleurs nous l'avons invité à nous rejoindre pour déguster le gigot de grand-mère. Il arrive sous peu, juste le temps pour lui de trouver dans sa cave une bonne bouteille bien fraîche pour remplacer celle-ci. "
Rendant son sourire à Mélusine, je constatais qu'effectivement l'attente avait été fatale à la première bouteille.


GIGOT DE 7 HEURES ( Recette Mère Brazier)

Pour 8 personnes : 1 gros gigot, carottes, oignons, purée de tomates, sel, beurre, vin blanc, ail, poivre, petits oignons.

Frotter à l'ail un gigot rond et bien en chair. Le faire revenir dans une cocotte avec 1 oignon et des carottes émincées.
Mouiller avec du vin blanc sec. Ajouter deux cuillerées de purée de tomates. Saler, poivrer.
Lutter la cocotte et mettre à cuire doucement au four pendant 7 heures.
Faire revenir dans une sauteuse une trentaine de petits oignons ; lorsqu'ils seront bien dorés, les couvrir et les faire cuire à l'étouffée. Ces petits oignons serviront de garniture à la viande (qui peut en comporter bien d'autres).
Le gigot étant très cuit le servir avec une cuillère, car vous ne pourrez pas le découper au couteau.
Bien dégraisser le jus et servir très chaud.

note : four à thermostat 5 pendant 3 heures, puis thermostat 4.
Servi avec les légumes de cuisson (carottes, oignons, poireau) et des haricots verts nature.