Chronique 11 (11-11-2002)


" Ma seule récompense sera de la voir guérie. Mais par contre, si j'échoue, je veux conserver la vie sauve. "
Le roi Maurice était éberlué :
" Pas de récompense ? Ni mon royaume, ni la main de ma fille ? Soit, puisque c'est votre choix. Mais c'est quoi cette histoire de vie sauve ? Si vous échouez, je n'en serais que plus désespéré, mais je n'ai jamais fait tuer personne ! "
" Dans ces conditions, je veux bien tenter l'expérience avec ma tarte magique, mais je dois auparavant rencontrer la Princesse. "
" Je vais vous faire conduire. "

De passage dans ce royaume, j'y avais appris que la jolie Princesse se mourrait par manque d'appétit. Au désespoir de son père veuf, dont elle était la fille unique. Tous les médecins, pharmaciens et autres magiciens lui avaient prodigué leurs différentes potions, mais rien n'y avait fait, la Princesse dépérissait petit à petit.

La discussion que j'eus avec elle me guida vers le diagnostic.
" Vous comprenez, Merlin, mon Père souhaite me marier, afin d'assurer la descendance. Mais tous ces nobliaux me déplaisent : il n'y en pas un seul qui soit gentil garçon, bien fait de sa personne et de conversation agréable. Comme ce simple jardinier que j'aperçois de ma fenêtre. Et cela me chagrine de déplaire à mon père."
Un simple regard me fit comprendre que ce gentil jardinier tournait souvent le regard vers la fenêtre de la Princesse.

Le roi fut d'accord pour essayer ma thérapie.
Chaque jour, vers midi, la Princesse se rendait au pavillon à l'autre bout du jardin, où j'avais préparé mon plat magique. Elle n'en revenait qu'en fin d'après-midi. Peu à peu le sourire lui revint.
Et lorsqu'un soir elle réclama un solide dîner, le roi me fit appeler.
" Merlin, ma fille est guérie. Bien sûr je ne me permettrais pas de vous demander votre secret, mais pour la récompense, vous n'avez pas changé d'avis ? "
" Sire, vous aviez promis votre fille en mariage à celui qui viendrait à bout de sa maladie. Je peux vous l'avouer, la magie n'est pour rien dans sa guérison. Pas plus que ma tarte aux pommes. Demain, venez avec moi, et vous comprendrez. "

Lorsqu'il aperçut sa fille se précipiter dans les bras du jardinier, à l'entrée du petit pavillon, le roi eut un sourire :
" Ce que j'ai pu être aveugle, tout de même ! Et si nous allions partager cette tarte avec les amoureux ? Histoire de leur annoncer que j'abdique en leur faveur, dès qu'ils seront mariés ?"

Tarte triangulaire aux pommes
Journal Coop, 6 novembre 2002

Pâte brisée d'environ 32 cm de diamètre,
3 cs de confiture d'abricots,
3 pommes coupées en quatre puis en tranches d'env. 5 mm.
50 g. de noisettes grossièrement hachées,
1 œuf, 75 g. de sucre glace, 2 dl de crème fraîche,
zeste d'un demi citron, 1 jaune d'œuf dilué.

Abaisser la pâte finement, la mettre sur une plaque chemisée de papier à pâtisserie. Au milieu de la pâte, badigeonner un triangle de confiture en réservant un bord de 3 cm de pâte. Répartir les pommes et les noisettes sur la confiture. Rabattre le bord de la pâte sur les 3 côtés du triangle vers l'intérieur.
Faire mousser l'œuf avec le sucre glace, ajouter la crème fraîche et le zeste de citron, verser sur les pommes et les noisettes en soulevant légèrement le bord de la pâte. Dorer celui-ci au jaune d'œuf dilué.

Cuisson au four :
10 minutes dans la moitié inférieure du four préchauffé à 240° C.
Baisser la température à 220° C et poursuivre la cuisson pendant env. 20 min.