Chronique 26 (23-02-03)


Battements criards de la musique assourdissante, lumières vives des néons multicolores, rires sonores et cris aigus, figures figées sous des fards tristement bariolés.
La foule agglutinée déambule autour des baraques foraines.
Joies exclamées ; joies forcées ; joies factices.
De grosses bulles circulent mollement au-dessus des têtes. Lorsqu'une main s'approche de l'une d'elles, c'est un éclat de mille larmes amères.

Aux abords d'une baraque où tourne une roue étincelante qui jamais ne s'arrête sur la case rêvée, un couple me prend à témoin.
" La vie n'est qu'une illusion ! " me dit la femme aux joues blanches et à la grande bouche débordant de rouge carmin.
Nous regardons passer une bulle transparente : à l'intérieur, un plat fumant, des morceaux de lapin…
Mais la bulle éclate à peine touchée du doigt.
" Les plaisirs de la vie sont comme cette bulle de savon. " ajouta son compagnon, le regard terne, un pli amer aux coins des lèvres.
" Ici sans doute, mais ailleurs ? "

Les entraînant avec moi, nous pénétrons dans la cuisine de l'auberge.
Les marmitons sont partis, leurs tâches finies.
Le chef s'approche de moi :
" Comme d'habitude, Merlin, n'oublies pas de me laisser une part de côté. "
Une tape sur l'épaule, un clin d'oeil et il finit par nous laisser.

Eplucher, hacher, fariner, faire dorer puis frire, colorer, arroser, mijoter.
Lorsque, plus tard, je sortis le cassoton de fonte du four, les yeux de mes invités avaient repris des étincelles de vie. Il faut dire que les parfums avaient peu à peu envahi la cuisine.

Les assiettes furent consciencieusement nettoyées.
" Alors ? Ce lapin. Une illusion ? "


Lapin aux amandes
Transmise par "Dan"

1 lapin
2 verres à vin d'huile
1 oignon
1 éclat d'ail
2 tranches de pain frit
1 verre à vin de vin blanc
50 g d'amandes
3 branches de persil (liées)
1 c.à café de canelle
1 c.à soupe de persil haché
farine - eau - sel - poivre

Couper le lapin en morceaux. Saler et poivrer.
Les rouler dans la farine et sauter à l'huile jusqu'à ce qu'ils soient bien dorés.
Réserver au chaud.
Dans la même huile, frire le pain et les amandes, en remuant bien pour éviter qu'elles brûlent.
Mettre les 2 dans un mortier et piler.
Dans la même huile, frire l'oignon et l'ail hachés.
Quand ils commencent à se colorer un peu, remettre le lapin dans la casserole.
Ajouter les branches de persil et arroser avec le vin.
Diluer le contenu du mortier dans 2 verres (à vin) d'eau et ajouter au reste.
Semer la canelle et remuer le tout avec une cuiller en bois.
Cuire à couvert et à four doux + ou - une heure, en ajoutant un peu d'eau si nécessaire pendant la cuisson.
Servir saupoudré de persil haché.

Commentaires : J'ai utilisé des amandes en copeaux.
J'ai trouvé ce plat très bon, mais j'ai ajouté 1 morceau de sucre à la
fin. C'est encore meilleur réchauffé... quand il en reste !

Notes de Jean : Amandes effilées. 3 c. à c. de confiture d'abricots pour sucrer. 45 minutes de cuisson au four Th.5, puis 20 pour réchauffer le lendemain soir.